Le tirage au sort de la phase finale de la coupe du monde 2018 s’est déroulé le 1er décembre à Moscou. Il a été cet instant qui a tenu en haleine les supportrices et les supporters des 32 pays qualifiés.

Souffle retenu, c’est ensuite dans le temps de l’expiration et celui des huit groupes constitués que tout ce qui s’était auparavant crispé, s’est alors lentement détendu. Les favoris et les outsiders ont été désignés. Les chances des équipes nationales capables de brandir le précieux trophée ont été estimées. Les pronostics sont allés bon train… Et les passionnés ont d’ores et déjà pris rendez-vous le 14 juin prochain pour apprécier le premier match de la compétition entre la Russie et l’Arabie Saoudite.

Sport populaire par excellence, le football reste, au-delà de ces transferts aux sommes exorbitantes, ce sport collectif qui suscite chez beaucoup d’entre nous un intérêt resté intact.

Un objet qui peut rouler suffit et avec assez d’espace pour courir, vous voilà délivré de l’ennui. Pendant de longues heures, vous devenez ce footballeur fasciné par la maîtrise du jongle, du dribble et ce but marqué en pleine lucarne qui vous procure la plus belles des émotions. Du statut d’infatigable footballeur à celui de supporter invétéré, il y a souvent quelques années de pratique écoulées, un genou récalcitrant et une hanche devenue douloureuse…

A Avignon, nous ne chantons plus à la gloire d’un « Enrique Shazarreta » ou d’un « Patrick Cubaynes ». A Avignon, il y a un Parc des Sports, certes, mais un beau stade rénové en 2010 à hauteur de neuf millions d’euros dont les 17 500 places n’accueillent plus la clameur des amoureux du ballon rond. Quel gâchis… financier, mais pas seulement !

Si nous tombons souvent en admiration devant les vertus d’un vivre ensemble un tant soit peu réussi, nos responsables politiques se sont désengagés de l’obligation de moyens pour y parvenir en délaissant les retombées socio économiques générées par les exploits d’un onze compétitif.

L’animation de la ville se trouve, elle, amputée de tout ce qu’un samedi soir au stade donnait à gagner en effervescence et en convivialité.

Le lundi, lendemain de match, était ce temps dédié aux palabres passionnées, aux commentaires et à la critique sans concession. Entre le mardi et le jeudi, l’impatience nourrissait l’engouement et l’excitation du vendredi. Et le grand soir tant attendu, des files d’Avignonnais (et demain peut-être des files d’Avignonnaises…), de tous les âges, de tous les quartiers, de l’intra et de l’extra-muros, venaient s’agglutiner aux guichets du Parc des Sports pour s’enflammer en tribune « Baranka » ou en tribune « Jean Rey » autour du maillot, autour de ses couleurs et de son onze de cœur !

Nous nous sommes débarrassés de cette adhésion, de cette passion pour un club et son prestige. Nous avons abandonné une part importante de ce qui constitue l’attachement de chacun à sa ville et son devenir. Nous nous sommes malheureusement appauvris d’une appartenance avignonnaise fièrement assumée et sans complexe partagée.

Au moment où s’est finalisé le projet de la réhabilitation du stade nautique (dont le coût s’évaluerait à quelques vingt millions d’euros) programmant dans deux ans, à St Chamand, l’ouverture d’une piscine toute neuve, c’est aux côtés d’un stade bradé qu’elle se fera !

N’y aurait-t-il pas là à gagner ce pari un peu fou d’une belle cohésion sociale revivifiée en privilégiant une offre capable de proposer un stade nautique ouvert à son public avec un Parc des Sports enfin rendu au foot et sa ferveur populaire ?

Nous, les nostalgiques de l’Olympique Avignonnais et de la M.J.C (Maison des Jeunes et de la Culture), les amoureux de l’Olympique de Marseille, les fanas de l’équipe de France en partance pour la Russie, nous pourrions à coup sûr nous en réjouir… Et nous sommes très, très nombreux à l’espérer !

 

Crédit Photo : France Bleu Vaucluse