Qui pouvait croire un seul instant que le chantier du tramway allait se dérouler à Avignon sans les désagréments que nous subissons tous ?

Qui pouvait annoncer qu’une transformation de cette ampleur opérée au cœur de la ville allait pouvoir se déployer sans ses dérangements ?

Raccordement par-ci, tranchée par-là, aménagements divers et variés qui entravent, bloquent et rétrécissent nos avenues, installant, soirs et matins, matins et soirs, depuis plus d’un an, les automobilistes dans leurs insupportables embouteillages !

Qu’est devenue l’avenue St Ruf ? Pour un temps, c’est une piste de terre dont la poussière n’a que faire de l’attractivité commerciale des vitrines et des devantures.

Qu’est devenue l’avenue Charles de Gaulle ? Pour un temps, c’est un axe routier saturé qui n’a que faire de l’exaspération de l’habitant gêné par l’odeur prégnante des gaz d’échappement.

Fallait-il s’y attendre ? Oui, bien évidemment. Le projet du tram était devenu inéluctable. Il s’était imposé à nous. Nous devions donc en supporter les conséquences. Le mal ainsi fait s’est alors rendu indispensable à endurer pour récupérer à l’horizon 2019-2020, de la tranquillité, de la fluidité, un peu plus de beau et un peu moins de gris… Une ville un tant soit peu « réinventée ».

Et fallait-il que dans les colonnes de La Provence du mardi 23 janvier 2018, David Fournier, le maire adjoint « en charge de la coordination des mairies de quartiers et des actions de proximité menées dans les quartiers », monte au créneau pour d’une part relayer les difficultés que ses administrés rencontrent et d’autre part pour signifier « l’amateurisme » et « l’incompétence » du maître d’œuvre ? Non et c’est une indignation mal portée.

En effet, il y a là comme un rôle trop facile à endosser en jouant ainsi à se saisir et agiter des frustrations aussi sensibles et des crispations autant nouées.

De la colère, il y en a partout ! Il vous suffit de vous baisser et elle est là à vos pieds, levez la tête et elle est à portée de vos bras, mûre à souhait, elle est prête à être cueillie et exploitée en conférence de presse ou en réunion publique.

Exprimer une telle indignation n’est pas un exercice périlleux. Cela ne mange finalement pas de pain. Mais savoir soutenir la souffrance des 17 186 habitants des quartiers sud d’Avignon dont plus de la moitié vit sous le seuil de pauvreté et dont 30% des ménages bénéficient des minimas sociaux, là c’est une autre paire de manches…Trop proches du cambouis !

Enfin, quand ces travaux du tram seront bien terminés, et au moment où vous remettrez votre mandat à la sanction du suffrage universel, nous hériterons d’un environnement redevenu somme toute agréable.

Alors, Monsieur le maire adjoint « en charge de la coordination des mairies de quartiers et des actions de proximité menées dans les quartiers », n’oubliez pas avant de partir de distinguer par une signalétique claire ce qui tiendra des améliorations que le Grand Avignon aura encouragées de celles, fleuries, que vous (votre maire et vous) aurez opportunément plantées autour des quelques ronds-points stratégiques.

Sinon, les moins avertis d’entre nous risqueraient de se tromper en vous créditant à tort de quelques remarquables réalisations…