Le Sud à Avignon, ce sont 17 186 habitants répartis entre la Barbière et Champfleury.

Le Sud, c’est du monde, beaucoup de monde : 61% de la population des quartiers prioritaires du Grand Avignon.

Le Sud, ce sont des jeunes, beaucoup de jeunes : 42% de cette population ont moins de 25 ans. Ils sont quelques 7130 en âge d’être actifs.

Alors bien sûr, se saisir du dossier de la LEO (Liaison Est Ouest), c’est pointer du doigt un problème de santé publique majeur avec un trafic routier devenu trop dense sur l’avenue Charles De Gaulle faisant alors inhaler à 1/5ème de la population avignonnaise ses plus fines des particules !

Mais le Sud, c’est aussi un territoire où la colère des dieux s’est abattue et de façon implacable. C’est un périmètre qui concentre les calamités comme nulle part ailleurs. Lisez plutôt :

De la Barbière à Champfleury, les 25% les plus aisés ont un niveau de vie au minimum plus faible de 830 € que ceux de la commune et le niveau de vie médian à hauteur de 977€ y est faible de 340 € avec celui de la ville !

Dans le Sud, en considérant que le seuil de pauvreté est équivalent à 60% du revenu médian national, 53% de la population, 9140 personnes vivent sous celui-ci.

Dans le Sud, 30% des ménages bénéficient des minimas sociaux et 1490 ménages en dépendent totalement.

Dans ce Sud, moins de la moitié des jeunes de 16-24 sont scolarisés et près de 80% possèdent un très bas niveau de formation. 38% de ces jeunes travaillent alors qu’ailleurs à Avignon, au même âge, ils sont  53% à travailler. Et pour ces heureux travailleurs du Sud, ils sont 23% à avoir signé des contrats dits précaires.

Dans notre Sud, le taux d’emploi des femmes est plus bas que celui des hommes. Elles sont 30% à gagner leur vie quand sur la commune, elles sont 48% à pouvoir le faire.

Dans notre Sud, un quart des demandeurs d’emploi le sont depuis plus de deux ans ! Et une hausse de leur nombre a été constatée lors du deuxième trimestre de 2016.

On pourrait presque y rajouter à perte de vue, jusqu’à la Durance, les champs de coton ou les plantations de canne à sucre et du gospel à s’en percer les tympans !

Mais nous ne sommes pas au XIX° siècle en Alabama ou en Virginie. Nous sommes bien à Avignon en 2018 et si ces 17 186 âmes ne mourront peut être pas des effets de la pollution et de ses particules, elles pourriront de leurs misère et crèveront de leurs angoisses.