C’est dans les quartiers du nord-est d’Avignon, là où près de 5000 âmes se sont installées, que rayonne une épicerie sociale et solidaire implantée au beau milieu de la Reine-Jeanne. Elle a été créée en juin 2011 et est soutenue par les 08 bénévoles de l’association « Mieux Vivre » présidée par Kader Neguaz, psychologue de formation.

En 2016, ce ne sont pas moins de 220 familles représentant 664 Avignonnaises et Avignonnais dont 1/3 d’enfants qui bénéficient de l’aide alimentaire. Une aide sous forme de colis de 19 kilos de denrées alimentaires de première nécessité par famille et par semaine.

« Nous constatons que plus de 59% de la population de l’épicerie sociale déclare être en recherche d’emploi. La précarité d’emploi n’a pas reculé depuis l’an dernier dans les quartiers Nord-est d’Avignon…». Source : rapport d’activités 2016 de l’association « Mieux Vivre ».

Le triste constat de la misère avignonnaise est là : une précarité endémique chez les familles mono parentales qui prend ses aises également chez les plus jeunes et n’épargne pas les anciens. Elle menace les plus fragiles d’entre nous, celles et ceux en recherche d’emploi, celles et ceux perfusés par les minimas sociaux et de faibles pensions de retraite.

Mais le psychologue l’affirme « Nous constatons que la perte des revenus  constitue le point central dans la motivation des bénéficiaires de se faire aider par nos services. Or une analyse qualitative démontre que ce motif n’est qu’un prétexte pour beaucoup d’entre eux : une aide relationnelle prime toujours sur l’aide matérielle, notamment alimentaire. ».

L’association « Mieux Vivre » est devenue au fil des ans une véritable tour de guet permettant de repérer ici ou là ceux des abcès de misère qui, si trop infectés, font l’objet d’un signalement auprès de l’OGA (Office de Gestion et d’Animation) et du centre social de la Grange d’Orel qui prennent le relais dans la prise en charge de l’urgence socio-économique.

« Mieux Vivre », c’est l’usage opportun de la démocratie quand les bénéficiaires de l’épicerie sociale élisent leurs propres bénévoles.

« Mieux Vivre », c’est aussi l’usage de la solidarité à bon escient quand dans chaque immeuble, mission est assignée à ces mêmes bénéficiaires de veiller à la qualité de vie des personnes d’un âge avancé et des plus vulnérables.

Mais « Mieux Vivre » c’est surtout savoir appréhender un impalpable invalidant dont les experts et les moyens financiers colossaux de la politique de la ville n’ont jamais su saisir les enjeux. Un impalpable qui assomme les élans, qui réduit les envies, qui invite tous les échecs et installe toutes les dépressions.

Kader Neguaz saura prêter à la précarité psychique et affective une oreille toute attentive. Il va entendre cette souffrance sourde et profonde qui ne veut jamais dire son nom mais qui inhibe, qui isole et ronge en silence.

Celle de ces retraités déconsidérés, celle de ces femmes déstabilisées, celle de leurs enfants désocialisés, qui au sein de groupes de paroles circulantes, par l’intermédiaire d’entretiens individuels ou à l’occasion de savoureux repas, arriveront à faire lentement surface pour être ainsi identifiées, mieux comprises et davantage maîtrisées.

Et pour tous ces rescapés sauvés de la noyade sociale, avec Kader Neguaz, c’est une main qui a su les saisir, c’est un sourire qui a su les accueillir, ce sont des mots qui ont su être posés au bon endroit et des non-dits ainsi comblés.

A la Reine-Jeanne, auprès des bénévoles qui conduisent la belle destinée de l’association « Mieux Vivre », depuis sept années, les papilles se ravissent, les estomacs se rassasient, les cœurs, eux, s’allègent et les corps se réchauffent d’une nourriture qui brûle les âmes à la manière d’un grand soleil !