Si l’islam est avant tout une question de foi et de spiritualité, ceci ne doit en aucun cas nous faire occulter ou même minimiser l’aspect normatif. Si la foi constitue le contenu de nos cœurs et de nos vies, les règles en sont le cadre et le contenant.

On entend ça et là que l’islam a été réduit à une liste de choses permises et de choses interdites, ou bien à une menace permanente et répétée du jugement divin et de l’enfer. Il en résulte évidemment une compréhension erronée de cette religion et surtout une fausse idée de Dieu.

Pour tenter de corriger cette fausse idée, d’autres voix, de plus en plus nombreuses, se font entendre en faveur de la seule spiritualité dont le cœur est le pardon et la satisfaction divine. Les règles de vie passent alors progressivement au rang des choses secondaires et puis accessoires. Il ne faut plus, selon ces voix, parler de l’enfer ou de la rigueur divine, mais de la rencontre avec notre Seigneur et du privilège de Le voir au Paradis.

Or, de la même façon qu’il est aussi grave de permettre ce que Dieu a interdit que d’interdire ce que Dieu a permis, il est tout autant dommageable d’avoir une idée erronée de l’islam dans un sens comme dans l’autre.

Si l’islam se présente comme la religion du juste milieu face au judaïsme et au christianisme, c’est justement, sans fustiger ces deux dernières religions ni leurs adeptes, parce que le judaïsme attribue une place prépondérante aux règles et à la rigueur divines et que le christianisme, au contraire, s’est mis à promouvoir presque exclusivement la dimension de la foi et de l’amour au détriment de la norme.

S’il est vrai que la Clémence de Dieu dépasse Sa colère, que Son pardon est plus vaste que Son châtiment, il n’en demeure pas moins vrai que ce qui nous effraie existe bel et bien, et que c’est un risque réel et avéré. Le Prophète (paix et salut sur lui) nous a bien enseigné que lorsque Dieu créa le Paradis et l’enfer, il leur dit à tous deux qu’Il les emplirait tous deux sans hésitation.

Car en définitive, comment prétendre à un cheminement vers Dieu dans l’amour si la crainte ne nous empêche pas de commettre des fautes plus ou moins graves en même temps que les bonnes actions ?

Et comment ne pas rester prisonnier du péché et de l’égarement si l’on ignore que Dieu peut effacer toutes ces fautes, et mieux encore, les changer en bonnes actions sur la balance du Jour Dernier ?

Ce sont des vérités qu’il faut dire et rappeler en toutes circonstances, aux adultes comme aux enfants. Il n’est pas la peine d’ajouter une illusion aux nombreuses autres dans lequel le monde cherche à nous noyer à chaque instant.