Avec les vœux adressés aux Avignonnaises et aux Avignonnais, vous vous êtes déplacée dans chaque quartier et vous avez terminé une séquence politique importante dans ce qu’elle entretient de vos liens avec la population.

Mais, avez-vous pour autant saisi le cœur des préoccupations de vos administrés ? Pour autant, vous êtes-vous rapprochée de leurs difficultés du quotidien ? Pour autant, avez-vous réussi à mettre en évidence les points forts de l’action que vous impulsez ?

Savez-vous qu’au gymnase Chevalier de Folard, là où vous vous êtes rendue pour rencontrer les habitants du Sud, les conditions de chauffage sont en ce moment à déplorer et que de jeunes sportifs ne peuvent plus y supporter les trop froides températures. Que peuvent bien alors penser leurs parents de votre capacité à gérer et à maîtriser les aléas du destin avignonnais ?

Je pense qu’il existe et persiste chez nous un micro climat favorable à une candidature penchant à « gauche » et que dans ce contexte, si vous le décidiez, vous conserveriez alors toutes vos chances d’être réélue.

Vous pourriez raisonnablement envisager une victoire que si seulement vous vous atteliez le plus tôt possible à huiler quelques rouages et à serrer quelques écrous.

C’est l’effort de quelques tours de clé à molette ! C’est une indispensable maintenance qui vous revient, capable d’améliorer, ici et là, des détails, en l’occurrence insignifiants, mais interprétés comme autant de défaillances que l’on vous impute.

Ce sont les responsables des centres sociaux, les nombreux présidents des associations sportives et culturelles, dont le mérite est de faire se lever quelques milliers d’Avignonnais de leur confortable fauteuil pour les diriger vers leurs occupations de loisir, qui pourraient vous indiquer là où vous devriez poser votre boîte à outils.

Ce sont ces petits commerçants soucieux des formes avantageuses du porte monnaie de leurs clients et de la tranquillité de leurs environnements immédiats qui vous tiendront sans ambages un langage de vérité.

A l’occasion de déplacements inopinés, sans votre garde rapprochée, les yeux dans les yeux, vous pourriez les rencontrer, les écouter attentivement et comprendre. Vous toucheriez ainsi du doigt ces grains de sable avec lesquels ils s’accommodent tant bien que mal. C’est d’une gêne chronique dont vous vous débarrasseriez.

Cette gêne pouvant devenir si intolérable jusqu’à cristalliser le mécontentement en lieu et place de la reconnaissance. Voilà, si ce n’est déjà pas arrivé, que se métastaseraient sur tout le territoire désagrément, frustration, colère et rancune. Cela vous sera inévitablement reproché et farouchement opposé au bilan que vous défendrez en temps et en heure.

Enfin, savez-vous que les Avignonnaises et les Avignonnais ne savent pas reconnaître la part qui vous revient des chantiers mis en route.

Ils voient en chaque engin de travaux publics de la lourde mécanique exclusivement dédiée à la construction du tram. Les gravats du chantier du stade nautique n’étant pas assez visibles, ils ne sont pas compris comme l’effort que vous fournissez pour sortir de terre à l’horizon 2020 un complexe flambant neuf. A votre détriment, c’est la confusion qui l’emporte !

Ce ne sont que les initiés, les curieux, celles et ceux qui tendent l’oreille qui savent à qui appartiennent ces engins de chantiers et à quoi ils servent !

Dans cette situation particulière de concomitance de tous ces projets de construction, assurez-vous que le quartier « Bel Air » soit véritablement versé dans la colonne de vos actifs. Sinon…

Sinon, replongez la main dans la boîte à outils et saisissez-vous cette fois-ci du marteau pour inlassablement taper sur le même clou de la communication municipale jusqu’à ce que la « paternité » du quartier Confluence ou de la voie douce du tour des remparts vous soit pleinement reconnue et sans hésitation attribuée.

Crédit photo : Midi Libre