Nous y sommes, les élèves de terminales ont depuis le 15 mai les yeux rivés sur leur plateforme « Parcoursup » et suivent avec attention la suite donnée aux vœux qui s’y trouvent formulés. Acceptés ou placés sur liste d’attente, ils vont bientôt devoir accepter celle des propositions d’admission qui déterminera la direction de leur cursus étudiant et par conséquent leur avenir professionnel.

Mais avant d’aller plus loin, il est intéressant de lire ce que déclarait au sujet de l’orientation, l’ingénieur aéronautique chez Thales, puis au Centre national d’études spatiales, le pilote de ligne, l’instructeur chez Air France et l’astronaute, Thomas Pesquet dans un article paru le 07 janvier 2019 dans les colonnes du Monde :

« ‘’ Déstressez un peu !’’ Ce n’est pas une décision que vous allez prendre aujourd’hui qui va être valable pour toute la vie. En avançant sur le chemin, vous allez vous rendre compte que la vie n’est pas une ligne droite et qu’une multitude de bifurcations est possible. Vous pouvez être heureux dans différents métiers. Il s’agit d’essayer les choses et, si cela ne marche pas, il sera toujours temps de changer… Je conseille aux jeunes d’essayer beaucoup de choses différentes, en effet. Il faut tout tenter et, surtout, oser. Le plus grand mécanisme d’obstacle à la réussite est l’autocensure. ».

Et il ajoute : « …Bien travailler à l’école, c’est une clé. Ce n’est pas la seule, bien sûr, mais c’est un vrai tremplin, un accélérateur social, j’en suis l’exemple premier. Je ne suis pas là pour faire la publicité de l’éducation nationale, mais j’ai eu toutes ces ouvertures grâce au système éducatif. ».

Profiter du système éducatif et savoir saisir bien en amont les opportunités de promotion sociale induites par la réussite aux études, c’est là tout l’enjeu du premier forum des métiers organisé par l’Association Etudes et Partage dimanche 24 mars 2019 de 14h00 à 17h00 au Château de St Chamand.

Une initiative associative innovante qui a réuni plus de 350 personnes cette après-midi et qui a permis à des familles issues des quartiers populaires d’Avignon, souvent éloignées des flux d’informations utiles à l’orientation de leurs enfants, de pouvoir se rapprocher de professionnels enclins à leur délivrer les renseignements nécessaires.

L’orientation reste trop souvent perçue comme des démarches difficiles et contraignantes à entreprendre. Cette orientation est parfois passive et très souvent vécue par défaut. C’est un réel parcours du combattant pour celles et ceux qui n’évoluent pas dans le bon environnement.

Cela a donc été l’occasion de susciter chez les plus jeunes des vocations, et chez ceux pour qui l’idée du métier avait déjà su se manifester, la possibilité d’identifier les parcours à emprunter et les modalités des étapes scolaires à franchir… Avec succès !

Découvrir les filières et mieux appréhender les qualités requises pour y réussir. Confronter la passion et l’envie avec les réalités et les contraintes du monde du travail. Ouvrir largement le champ des possibles et oser la découverte d’horizons professionnels non encore envisagés.

Cette première édition du forum des métiers a été une réussite et a su mettre en relation des collégiens et des lycéens avec un architecte, un avocat, un comptable, un directeur des ressources humaines, un enseignant, une infirmière, un informaticien, un ingénieur, un médecin, un notaire, un pharmacien, une puéricultrice, un technicien et un responsable de logistique.

Documentation en main et réponses de vive voix obtenues, voilà un jeune public encouragé à réussir… Mais cela lui sera-t-il pour autant suffisant ? Thomas Pesquet a sa petite idée en évoquant l’importance du bas de CV (curriculum vitae) qui ferait toute la différence :« Sûr et certain, c’est ce « bas du CV » qui m’a permis de devenir astronaute. Sans ce que j’ai fait après l’école, je n’aurais eu aucune chance à la sélection. Quasiment tous les jours, c’était entraînement de judo, de basket, cours de saxophone, ensemble musical, etc. Natation le vendredi, match le samedi. J’ai appris beaucoup de choses importantes après 17 heures. Ce sont d’ailleurs mes parents qui m’ont permis cela, en parcourant des milliers de kilomètres en voiture pour m’emmener partout. »