• La clé plate municipale ne sait pas (encore) assembler

    La clé plate municipale ne sait pas (encore) assembler

    De l’« arsenal » du bricoleur, la clé plate a été depuis ces quinze derniers jours cet outil dont le recours a le plus servi à la médiatisation de l’action municipale.

    Cela a débuté avec la dépose de la structure en bois du banc circulaire placé devant les Halles d’Avignon puis une dizaine de jours plus tard, cela s’est poursuivi avec celle des panneaux rouges rayés de blanc qui ont imposé le sens impopulaire du plan faubourg.

    La clé plate municipale n’a finalement su trouver utilité que pour le démontage et il faudra espérer que réflexion puis action municipales sauront rétablir la fonction de cette clé plate dans ce qu’elle sait aussi… assembler.

    Il serait donc judicieux pour le quidam avignonnais comme pour l’amateur de théâtre qui va bientôt arriver chez nous lors du festival, de trouver où poser son séant et reposer ses mollets en revissant les écrous qui maintenaient l’assise en bois du banc de la place Pie.

    Et pour l’intérêt général et une tranquilité publique avignonnaise mieux installée, il serait tout aussi judicieux de ne plus se tromper sur la fonction des agents à mobiliser en impliquant des services techniques armés de clés plates pour remédier aux conséquences des incivilités du quotidien.

    Démanteler tous les trafics, faire taire toutes les nuisances et pérenniser l’abolition de l’impunité, c’est, à l’instar du contrôle des épiceries de nuit mené actuellement à Avignon, user de prérogatives judiciaires spécifiques en coordonnant les compétences sécuritaires croisées des services de la police municipale et de la police nationale.

    Par contre, associer les activités des services techniques enfin outillés de clés plates davantage enclines à assembler et celles des services de polices dotés de leurs aérosols, tonfas et Sig Sauer SP2022, c’est permettre à nos bancs des parcs municipaux dans nos quartiers populaires de devenir des stations sécures dédiées à la détente occasionnelle et non des lieux où vous pourriez, de façon aussi soudaine que regrettable, trouver le repos éternel !

  • Notre Sud, ses rodéos, ses armes et sa mort.

    Notre Sud, ses rodéos, ses armes et sa mort.

    Dans le Sud à Avignon, ce sont 19 059 habitants répartis entre la Barbière et Champfleury.

    Dans notre Sud, il y a du monde, beaucoup de monde : 55 % de la population des quartiers prioritaires du Grand Avignon.

    Dans notre Sud, ce sont des jeunes, beaucoup de jeunes : 27% de cette population ont moins de 14 ans et 13,5 % ont moins de 24 ans.

    Alors bien sûr, se saisir du dossier de la LEO (Liaison Est Ouest), c’est pointer du doigt un problème de santé publique majeur avec ce que le trafic routier dense sur l’avenue Charles De Gaulle et sa pollution chronique aux particules fines font peser en risques sanitaires sur 1/5ème de la population avignonnaise !

    Mais notre Sud, c’est surtout une surface de 171 hectares où la colère des Dieux s’est abattue de façon implacable. C’est un périmètre qui concentre toutes ses calamités comme nulle part ailleurs. Lisez plutôt :

    De la Barbière à Champfleury, 2029 hommes et 1815 femmes, soit 20% de la population, sont des demandeurs d’emploi. 13 % sont âgés de moins de 26 ans et 51% sont âgés moins de 50 ans. 12,6 % de ces demandeurs d’emploi ont un niveau de formation supérieur au baccalauréat.

    Dans notre Sud, 29,6% des 16-25 ans sont non scolarisés 𝙚𝙩 sans emploi. La part de la population sans diplôme est de 49,6%. Seulement 15,4% de ces jeunes gens détiennent un diplôme de niveau bac+2 ou supérieur.

    Dans notre Sud, en considérant que le seuil de pauvreté est équivalent à 60% du revenu médian national, 55% de la population vit sous celui-ci, 72% de celle-ci déclare des bas revenus et 71% des habitants ont branché en continu au pli du coude une perfusion salutaire de prestations versées par la Caisse d’Allocations Familiales.

    À cela, une drogue à foison, une gâchette facile et une impunité du diable ajoutées, on pourrait presque y rajouter les champs de coton à perte de vue de l’Alabama du XIXème siècle, du gospel à s’en percer les tympans et le décor est ainsi planté !

    Sauf que nous ne sommes pas en Alabama, responsables politiques, nous sommes dans notre Sud, à Avignon, en 2026, et il faut que vos ambitions, vos incompétences, vos petits arrangements et tous vos grands renoncements cessent d’y reproduire les conditions de survie de ces états du Sud des Etats-Unis pendant le XIXème siècle.

    Il faut que vos ambitions, vos incompétences, vos petits arrangements et tous vos grands renoncements cessent de condamner ces 19 059 âmes à vivre une existence de misère et à goûter à une mort si soudaine, si violente et si injuste que même la fatalité et le mektoub n’arrivent pas à la justifier correctement.

    Il faut vraiment que tout cela cesse.

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